Retour

DÉSIRER LA NUIT


Désirer la nuit où tout s'endort

La nuit
permission au désert
terrain vague
étang noir
d'où remontent
comme noyés oubliés
l'incertitude,
les doutes
les impudeurs fragiles.

Et cette liquidité de t
out qui m'envahit
rivière interne dont je serais le lit,

cette eau fuyante, rapide, saisissante
qui me traverse,
les yeux fermés à la lueur des lampes,

que je traverse pour y plonger
en toute violence
poisson et femme
oiseau et carnassier
à la découverte...


   Pas le temps de faire le tri trop d’urgence.
Je dis et je tripote les menus signes, les matières informes, les débris durs,

   l’humidité glacée,
les bulles d’air moite

   et mon poing qui se ferme sur la finesse fluide
    d’une boue immémoriale,

   baiser ventouse où me surprend l’arête aiguë d’un cristal.

   La nuit, puissance secrète, où l’écart devient grâce.