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FRAGMENTS D’UNE DISPARITION

Dans quel lointain es-tu perdu ?
Suspendu ou en plongée ?

Je ne sais pas.
Je ne sais plus.

Lorsque je tente de respirer
 de sentir le comment du combat qui m’habite
 je ne fais que signaux et appels à l’amour
 obstinée que je suis à n’être qu’en naissant...

Écrire est un assassinat du dialogue.
Que fais-tu pour m’assassiner, toi, sans jeu, les mains pauvres,
Alors que je puis naître encore ?

Et c’est l’angoisse au ventre, le dégoût, la nausée
La nef des fous, un océan d’absurde

Et si lasse d’être exposée.

Je suis d’ailleurs
À la cruauté policée du monde, vulgarité de sa violence
J’opposerai l’absence d’une disparition,
violence de ma délicatesse.

Le seul risque connu est celui que nous font encourir les lois qui servent l’Inerte.
La seule honte vraie : être arrêtée.

De l’Inerte au mouvement, du mouvement à l’Inerte, le tout est de n’être enregistré nulle part
 et le seul art réel est dans le comment de cet acte là.

Ne rien connaitre qui ne me soit corps.
Vivre, vivre en jouant, guidée par le désir.
Tout acte est un geste érotique.
J’ai refusé, depuis longtemps, la misère de certains actes.

J’ai négocié ma disparition
Je veux la liberté des bêtes.